Bodies in urban space

Cie Willi Dorner

Cette fois-ci, la scène n’est pas dans une salle, il n’y a ni éclairage ni musique, mais le décor choisi est la ville toute entière.

C’est  à une petite promenade de foule que nous convie l’organisatrice du Festival, distribuant en français et en allemand les dernières indications pour le bon déroulement de la performance.

Les danseurs sont répartis le long du cortège, vêtus de tenues de sport en coton fluo multicolore, visibles de loin, disposés – parfois entassés – comme des décorations urbaines, dans les endroits les plus invraisemblables. Trente centimètres au sommet d’un arrêt de bus, sous un banc ou derrière un panneau suffisent à se glisser et attendre patiemment, immobile et silencieux, le lent écoulement des spectateurs émerveillés.

En alternance, avec une discrétion et une efficacité rare, les danseurs de fin de cortège défont lentement leurs installations, reprennent pied normalement sur le sol goudronné, et s’élancent à travers la foule pour rejoindre la tête du cortège et procéder à de nouvelles sculptures humaines temporaires.

Pendant une petite heure, le spectateur a ainsi le loisir de découvrir à chaque coin de rue, cadre de porte ou devanture de magasin, un nouvel amas de corps chamarrés, dont l’agencement varie de la pyramide humaine géométrique à l’entassement désordonné.

Enfin, sans crier gare, la fin s’annonce, les performers se rangent sagement en ligne, de dos le long d’un grand boulevard, puis se retournent, acclamés par la foule qui envahit l’artère passante pour les remercier de ce spectacle.

critique réalisé  par Sylvain Denoux

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