Der letzte Weynfeldt (Martin Suter, 2008)

“Samtige Ironie und angstfreier Umgang mit den Dingen des Lebens: Wer Spaß an den Feinheiten von Erfindung und Wirklichkeit hat, kommt hier ganz auf seine Kosten. ‚Der letzte Weynfeldt‘ von Martin Suter, …, feiert den reifen Charme der Bourgeoisie.“FAZ

Je suis tombée une fois par hasard sur un des livres de Martin Suter, et je suis devenue accro de ses histoires. Par conséquent j’ai dévoré presque toutes ses œuvres. Dès qu’on commence à lire, on entre dans un univers clos qui est construit d’une manière tellement élaborée qu’on s’y perd facilement. Un style qui me semble refléter son origine suisse – surtout en ce qui concerne le choix de mots. De plus, ce qui m’a frappé était une certaine distance par apport à la langue, nourrissant une créativité énorme dans son utilisation.

Le livre que j’apprécie de loin le plus, c’est Der letzte Weynfeldt (Le dernier des Weynfeldt) qui se déroule en Suisse, comme tous les autres livres de Suter que je connais. Le personnage principal est tellement bien esquissé qu’on l’aime bien dès le début – malgré ses singularités et habitudes. Tous les personnages de Suter sont psychologiquement très bien dépeints.
En fait, l’histoire elle-même n’est pas sans clichés : Un homme et une femme que tout oppose se rencontrent. Lui a la cinquantaine, est célibataire et riche, et mène une vie régie par des habitudes fixes. Elle, c’est Lorena, beaucoup plus jeune, et dotée d’un caractère excentrique et compliqué. Au milieu du récit apparaît un tableau de Vallotton, qui ancre le roman au monde de l’art.

Un de ses point fort est que ce livre ne se laisse pas facilement classifier : on trouve aussi bien des éléments de romance que du policier. Comme pour moi, la plupart des romans policiers sont trop plats et les histoires d’amour trop superficielles, c’est un mélange génial.
Ce qui me fascine le plus, c’est la combinaison d’un récit parfaitement structuré et la créativité linguistique. Par exemple, l’auteur laisse Lorena dire : « …Tu vois, je mens dès que j’ouvre la bouche. Ça ment en moi. « (p. 326)
J’aime aussi beaucoup les dialogues des personnages principaux. Ils sont profonds et comiques en même temps, par exemple quand Weynfeldt et Lorena parlent du portrait de la mère d’Adrian.
« Ça se fait, mettre le portrait de sa mère aux enchères ? » « Si ça ne se faisait pas, il n’y aurait pas de portraits de dames d’un certain âge sur le marché de l’art. … » Ou quand Lorena dit : »Tu ne veux pas savoir si je suis une putain ? » « Non, je ne veux pas le savoir. » « Pourquoi pas ? Si tu m’aimais un peu, tu voudrais le savoir. » « Si je t’aimais un peu, je ne voudrais pas le savoir. » (p. 252, 253)
Même si ni l’histoire ni les idées ne relèvent du chef-d’œuvre, je conseille fortement de lire ce livre qui jusqu’aux derniers pages m’a captivée.

Anne Christine Knoth

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