Focus : DEAD FUCKING LAST

Sorti en décembre 2012 dernier en Suisse alémanique et en mai 2013 dans la partie française (Romandie), cette comédie de Walter Feistle part à la rencontre de drôles de lascars suisses…

Ce film n’est pas allemand. Ce film n’est pas français. Il est suisse, de la Suisse alémanique (la région germanique, qui regroupe 16 des 27 cantons qui composent la Suisse). Et on sent que le langage des personnages du film est plus proche de « l’alsacien » que de l’allemand pur ; un sentiment renforcé par les petites expressions françaises qu’ils utilisent.

Dead Fucking Last C’est l’histoire d’un trio masculin, anticonformistes vieillissant, rockeurs à l’ancienne tenant une coopérative de coursiers à vélo dans la ville de Zurich qui se font rattrapé par la réalité prenant la forme d’une concurrence entrepreneuriale féminine. Ce film se veut porteur de l’opposition entre la méthode à l’ancienne (la coopérative, modèle issu des idéalistes pseudohippies des années 80-90) et de la nouvelle méthode (issue du New Public Management, modèle  en vogue des Start Up).

Il y réussi au sens où il entraine le spectateur dans un jeu d’opposition qui fait le sel de la comédie : ancien contre nouveau ; hommes contre femmes, sans être ni machos ni misogyne ni trop cliché ; famille contre célibataire ; etc. ces aspects rendent le film intéressant, surtout sur fond de crise économique.

À cela viennent s’ajouter des accents grinçants : un ancien copain devenu magnat de la finance qui fait office de vrai « méchant » et qui gagne car « adapte-toi ou meurt » en tant de crise. Mais aussi des aspects romantiques : la PDG des « Girls Messenger » et Tom (Michael Neuenschwander), le protagoniste principal du trio. Ainsi qu’un happy end laissant place à l’imagination. Des ingrédients qui font de ce film une comédie réussie, restant cependant très conventionnelle. Car tout en faisant bien le point sur ce trio à bout de souffle, en étant très pertinent et pas too much sur le portrait des personnages masculins, c’est totalement l’inverse pour les personnages féminin. Quant à la romance, elle est bien amenée mais trop évidente. Ce qui n’empêche pas de passer un bon moment, en voyant les efforts de ces trois hommes très différents pour remonter leur coopérative en train de couler, de voir leur monde changer et leur humour toujours d’attaque. Sans être le film de l’année, cette comédie reste une franche rigolade, parsemée de clins d’œil amicaux au spectateur et de belles images de bikers (à vélo). Un film où l’on se rend compte que les nouvelles technologies ont aussi leurs limites, et que les obstacles sont faits pour nous pousser dans une nouvelle aventure.

Inédit en France, une deuxième séance (la première était jeudi 7 novembre) est prévue aujourd’hui à 16h00. Bonne séance !

Manon Rousselle  

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