Interview du producteur de « Chasse Fermée » Philipp Homberg

 Philipp Homberg Question : D’où est venue l’idée du film?

P. H : C’est la réalisatrice qui a eu l’idée du film et c’est elle-même qui a écrit le scénario. Il s’agit d’une histoire qu’on raconte mais qui n’a jamais donné lieu à un livre. L’idée qu’un allemand puisse demander à un juif de lui donner un fils l’a tout de suite conquise.

Le tournage s’est-il déroulé en Allemagne?

Le tournage s’est déroulé en Forêt-Noire qui se situe près de la frontière avec la Suisse (pays neutre pendant la guerre) où le jeune juif, Albert, veut se rendre.

De quelle manière l’acteur qui joue le rôle du juif a-t-il été recruté ?

Par un hasard, l’acteur (Christian Friedel) est connu pour avoir joué dans « Le ruban blanc » d’Haneke dans lequel il a interprété le rôle d’un professeur plutôt rondouillard. Il a été invité à participer au casting de « Chasse fermée », et il est apparu comme le candidat idéal. Pour incarner le personnage d’Albert, il a du perdre plus de dix kilos en l’espace de quelques mois.

A titre d’anecdote, cela a été très frustrant pour lui parce qu’en Forêt-Noire on boit bien et on mange bien et lui n’avait pas le droit d’en profiter comme le reste de l’équipe !

Le tournage s’est-il bien passé?

Le tournage s’est très bien passé ! L’équipe s’est bien entendue et le lieu de tournage était idéal. La ferme dans laquelle a été tourné le film, existait déjà et avait été reconstituée dans l’état pour correspondre aux critères de l’époque. D’après mon expérience, lorsqu’un tournage se passe si bien cela donne un mauvais film, « Chasse fermée » m’a prouvé le contraire !

Au début du scénario, le fils d’Emma se rend en Israël pour rencontrer Albert, son père biologique. La réalisatrice a-t-elle voulu intégrer cette scène pour encadrer l’histoire?

L’histoire principale se passe en Forêt-Noire en 1942, mais c’est vrai que pour l’Allemagne traiter un sujet pareil est toujours délicat. Avec cette scène, elle a voulu introduire une forme de réconciliation, un lien entre les générations.

Pourquoi Franziska Schlotterer, a-t-elle voulu privilégier les relations entre les êtres humains plutôt que le problème de la guerre?

Tout simplement pour donner un sens à cette histoire. Il est vrai, qu’on peut parler de la guerre de manière abstraite mais là c’est une façon de l’incarner, de lui donner un corps. Cependant, l’arrière plan de la guerre reste essentiel pour comprendre la relation à trois qui se crée entre eux.

Comment le film a-t-il été reçu en Allemagne?

De manière très différente. Il a été montré dans les festivals, il a gagné des prix et a été nominé pour le prix du film allemand qui correspond au César français. Par contre dans les salles il n’a pas eu un grand succès, je pense que cela tient au sujet car lorsqu’on parle de la seconde guerre mondiale ça n’attire pas forcément les jeunes. Un autre problème est celui de la concurrence, un film comme celui-ci, s’il ne fait pas d’entrée importante dès sa sortie, ne reste pas longtemps en salle et n’a pas le temps de se faire connaître.

En tant que producteur, pourquoi vous êtes vous lancé dans l’aventure de « Chasse fermée » ?

L’histoire m’a tout de suite touché. La relation entre les trois personnages m’a paru très authentique, elle sonnait vraie et donnait lieu à un trio à la fois complexe et bouleversant !

Agnès Duthu & Manon Rousselle

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