La Berlinale en rétrospective, Univerciné en perspective

sandra-jumel-berlinaleNouvelle stagiaire au CCFA, Sandra revient juste de Berlin, où elle a eu l’honneur d’être sélectionnée parmi une foule de candidats pour faire partie du jury jeune de L’Office Franco-Allemand pour la Jeunesse. Le jury, composé de 7 cinéphiles européens, a remis le prix « Dialogue en perspective » lors de la 62eme Berlinale. Elle revient sur cette expérience originale et enrichissante :

L’atmosphère feutrée d’une capitale enneigée, la fumée blanche des souffles chauds, les bandeaux rouges teintés d’or, l’ours symbolique qui les décore, le tapis rouge qui s’impatiente. Berlin est en effervescence, c’est la 62ème édition de la Berlinale qui débute et les cœurs s’enflamment déjà dans ce froid hivernal. Le Berlinale Palast ouvre ses portes, tout le monde prend place, le rideau de velours s’ouvre, les festivités commencent, et tous ces regards avides d’émotions se retrouvent enfin abreuvés d’images par le film d’ouverture de Benoît Jacquot Les Adieux à la reine.

Ainsi a commencé pour moi cette formidable expérience au sein du jury jeune Perspektive Deutsches Kino de l’OFAJ (Office franco-allemande pour la jeunesse), chargé de remettre le prix « Dialogue en Perspective ». A peine étions nous arrivés que le festival battait son plein et nos cœurs la chamade. C’est alors au rythme des nombreuses projections, de nos débats passionnés, des discussions avec les réalisateurs que le festival s’est déroulé devant nos yeux, comme le tapis rouge.

Un slovaque, trois allemands et trois français telle était la composition de notre jury. Une constellation de personnages hauts en couleurs, aux parcours et sensibilités différents, aux avis qui divergeaient souvent. Entre un jeune réalisateur en formation et de simples amateurs férus de cinéma, entre une journaliste habituée du festival et un blogueur invétéré improvisé berlinois, notre jury tirait sa force dans la diversité de ses perspectives. Dirigées par le réalisateur et acteur Jan Henrik Stahlberg, les discussions qui suivaient la projection des films de notre section allaient bon train.

Le scénario de notre semaine berlinoise n’a souffert d’aucun essoufflement. Entre deux projections au programme de notre section, nous avons eu l’occasion de discuter avec certains réalisateurs. Nous avons interrogé Denis Coté sur son inclassable film Bestiaire, sur sa conception du cinéma, comme appel à la réflexion. Christian Petzold nous a expliqué son parti pris esthétique pour un film historique tout en nuances, avec Barbara, il sera récompensé par l’ours d’argent pour la meilleure réalisation. Enfin Ursula Maier nous a appris son secret pour diriger les très jeunes acteurs, son film L’enfant d’en haut se verra d’ailleurs distingué par un prix spécial.

Mais si le détail de nos projections réservées était inscrit à la lettre dans nos programmes chargés, nous pouvions aussi laisser place à l’improvisation. Ainsi dès que le temps libre le permettait, chacun courait à sa guise s’enfermer dans une des nombreuses salles sombres de Potsdamer Platz. Nous attendions les films de la compétition officielle avec impatience, des films comme Captive de Brillante Mendoza ou encore l’étonnant Tabu, du portugais Miguel Gomes récompensé par le prix Alfred Bauer qui distingue une contribution artistique singulière. Mais les séances des sections Forum et Panorama retenaient tout autant notre attention, avec des films remarquables comme celui d’Ermin Alper Tepenin Ardi (Beyond the Hill), mais aussi des documentaires sur le printemps arabe comme The Reluctant Revolutionnary qui s’intéresse au soulèvement yéménite.

Le festival touche à sa fin, le temps est venu de rendre notre décision. L’intrigue a su garder son pendant de mystère, le suspense est à son comble. « Le prix Dialogue en Perspective revient au film This ain’t California de Marten Persiel, un documentaire mêlant histoire individuelle et mémoire collective de la RDA.» ainsi résonnèrent les paroles concluant notre séjour berlinois, le générique final d’une aventure exaltante. Un film que les Nantais pourront découvrir lors de la prochaine édition du festival Univerciné en novembre.

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