Laure Gauthier : marie weiss rot

laure gauthier-klein

Lecture et échange avec Laure Gauthier

marie a d’emblée compris que la langue maternelle est la langue de l’autre. C’est pourquoi elle parle une langue non maternelle pour trouver ce qui lui est propre et recourt aux néologismes dès que nécessaire pour arracher la langue à la géographie. Surgit ce que marie appelle une « poésie de couloir », une langue entre les langues, parlée par les poètes et les migrants. Il ne s’agit plus d’une poésie des terroirs, mais d’un chant déraciné. La voix de marie menace sans cesse à nouveau d’être étouffée. Les voix figées, attendues, d’Albert, de Frédéric et de Christine sont autant de contrepoints à la sienne dans ce drame bourgeois des temps modernes.

Le livre de Laure Gauthier, marie weiss rot, est constitué de douze séquences poétiques ou de douze poèmes dialogiques. L’auteure a écrit le texte dans une langue qui n’est pas sa langue maternelle, l’allemand, et engagé simultanément sa réécriture en langue française (marie blanc rouge) en collaboration avec le traducteur, Laurent Cassagnau. Aussi bien le texte allemand, mettant en scène une marie francophone en territoire germanophone, que le texte français présentant une marie germanophone en territoire francophone, donnent l’impression d’être traduits et qu’il n’existe pas de langue de départ. On se trouve donc en présence de deux textes qui révèlent l’existence d’un espace entre les langues, un espace au-delà de la langue et de ses territoires. Chacun des quatre personnages développe un autre « tempo de la pensée ». C’est cette musique secrète qui donne au texte sa force de propulsion, qui lui confère son énergie poétique.

Débat animé par Aurélie Le Née et Elisabeth Kargl.

Plus d’informations ici et sur  >> www.laure-gauthier.com

Infos pratiques

mardi 15 avril 2014, 18h30
Librairie café Les bien-aimés – 2 Rue de la Paix, 44000 Nantes
Organisé en partenariat avec Les bien-aimés et le département d’études germaniques de l’Université de Nantes.

Partager l'article