L’Immédiat

Compagnie de Camille Boîtel (danseur-performer-acrobate)

Ils sont vêtus de robes élastiques, de manteau à fourrure, de slips kangourou, de simples marcels… Hommes et femmes portent les cheveux longs, se vêtissent de façon tantôt enfantine, tantôt androgyne… Ils surgissent des coulisses, de sous la couette, de derrière un paravent, de l’intérieur d’un meuble, du haut des cintres (quand ceux-ci les soutiennent)… Ils sautent, tombent, s’enfuient, s’échappent, s’envolent, se rétablissent, repartent, gesticulent, tombent, avachis, amorphes puis épileptiques… Ils lisent un journal, cherchent une bouteille d’eau, tentent d’écrire, sans succès… Ils fuient la  gravité, l’effondrement du décor, la colère du voisin, l’enlèvement…

La scène est recouverte de bibelots usagés, meubles non repeints, tricycle et tabourets, tringles et treuils, poulies, filins, vieilles commodes, boîtes en carton, bureaux, panneaux, luminaires défaits, paravents, chaises, lits à ressorts -dissimulant un nouveau danseur sorti de sa boîte-, téléphone des années 60 -bientôt enfoui sous les décombres-…

Ils ne prononcent pas une parole, ou presque, un peu, tout au début :

« Il fut un temps, j’ai eu un chez moi,  un chez moi, un chez moi… »

Tandis que ces mots -et ces souvenirs du foyer lointain- résonnent en boucle, les débris d’objet et de meuble s’amoncèlent… Alors vient la maigre femme de ménage, armée d’une petite pelle dérisoire, à peine détachée de sa brosse, clairement inutilisable… Pourtant, quelques instants après, la scène est dégagée, à grands coups de balais de renfort providentiel. Et le spectacle peut repartir de plus belle !

critique réalisé  par Sylvain Denoux


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