Rencontre avec Alexander Riedel

Alexander Riedel présentait samedi 12 novembre son premier long-métrage. Morgen das Leben/Demain la vie est un documentaire aux confins de la fiction. Le réalisateur a expliqué qu’aucun dialogue n’a été écrit et, le plus souvent, les histoires racontées rejoignent la réalité. Il en ressort un film authentique et sans artifices, qui met en avant la difficulté de vivre dans une ville riche, où la réussite sociale est omniprésente et peut devenir un facteur de rejet.

alexander-riedelEst-ce que tu montres Munich telle qu’elle est ?
Oui. Malheureusement. Je vis à Munich et la ville est ainsi. Elle est la plus chère d’Allemagne. Il y a une volonté de changer les quartiers. La population est rejetée aux abords de la ville. En ce sens, mon film est politique. Je le tire de mon histoire personnelle, lorsque j’ai dû quitter mon quartier. Mes amis préfèrent parfois partir pour Berlin, où la pression sociale est moins forte.

Est-ce volontaire que tous les personnages vivent seuls ?
Tout à fait. Chaque personnage est à un tournant de sa vie. Ils sont en perte de leur entourage habituel. Moi-même, je viens d’avoir quarante ans. C’est un âge où on fait le bilan. Et dans le film, les personnages se rétractent, ils ont honte d’eux-mêmes et le sentiment de ne pas avoir réussi socialement.

Quelle réception a eu le film en Allemagne ?
Il a été d’abord projeté à Munich. Cela a provoqué un grand débat, atténué par les deux récompenses reçues par les acteurs. Le film fonctionne mieux dans l’Allemagne du Sud, en particulier par l’absence de dialogue prédéfinis. L’improvisation a entraîné un certain dialecte, des jeux sur la langue qui sont compréhensibles par les Bavarois avant tout.

propos recueillis par Côme Tessier

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