Rencontre avec Andreas Kleinert

Le réalisateur de Barriere a répondu à nos questions hier soir, après la projection de son film

Pourquoi le noir et blanc?

C’est une de mes obsessions personnelles. Même si c’est actuellement dur de trouver un producteur et un distributeur qui accepte de soutenir un film en noir et blanc, car pour eux, le noir et blanc comporte une gravité qui n’est pas très « vendeuse ». Cependant depuis le succès du Rubanc Blanc de Micheal Haneke, c’est un peu plus facile.

Par ailleurs, le noir et blanc lisse l’ensemble, le décor, les costumes, et donne une cohérence au film et facilite aussi le mélange réalité / monde théâtral .

Avez vous fait beaucoup de recherches sur Hamlet ?

En réalité, Hamlet m’accompagne, me hante quasiment depuis des années. J’ai toujours voulu faire un film autour de cette pièce. Enfin Matthias Habich, qui joue le metteur en scène, fait beaucoup de théâtre, et il a intégré à son rôle ses propres expériences du monde du théâtre.

Les acteurs sont-ils issus du monde du théâtre ou du cinéma?

J’occupe une chaire d’enseignement à la Konrad Wolf et mes étudiants désiraient que je réalise un de leur projet. Ils avaient déjà tous quelques expériences à la télévision ou au cinéma. Mais le film s’inscrit clairement dans une relation professeur/élève, ils m’ont souvent demandé conseil sur leur jeu. Quant aux acteurs professionnels, j’avait déjà travaillé avec eux.

Pourquoi une fin aussi brutale, et avec tant d’indifférence de la part des autres personnages?

Pour la fin, j’ai souhaité évoquer un fait divers qui s’est produit il y a 4 ans, quand un garçon a tiré sans raison sur l’acteur principal de Berlin, Alexanderplatz, et sa femme. Mais pour le film, comme il y a un perpétuel mélange entre réalité et théâtre, chacun peut interpréter ce qu’il croit être la réalité. Ce qui me parait intéressant, c’est l’aspect d’un film en suspension entre ces deux mondes. Je voulais que le spectateur sorte de la salle sans un sentiment d’entière satisfaction.

Pourquoi un dragon comme image finale?

C’était une impulsion de réalisateur, très spontanée. Je voulais une dernière image de confrontation entre la réalité et ce monde théâtral, mais je n’ai pas d’explication particulière.

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