Rencontre avec Hendrik Handloegten

Traduit par les étudiants des Masters MCCI et APC, le film Fenêtre sur l’été / Fenster zum Sommer a été présenté samedi soir en présence de son réalisateur, Hendrik Handloegten, qui s’est montré ravi que son film ait pu faire partie d’un tel projet.

Pourquoi avoir adapté un livre pour votre film ?
Hendrik : J’ai trouvé le livre dans une librairie, ou plutôt est-ce lui qui m’a trouvé. Il est écrit par une auteure autrichienne, décédée en 2004. Contrairement au film, le livre raconte une histoire qui se passe dans les années 60. Après l’avoir lu, je me suis moi même demandé si on pouvait changer le cours de sa vie. C’est ce qui me lie à ce livre.

Votre film me rappelle ceux d’Hitchcock, notamment Vertigo avec les symboles de la chevelure féminine et la voiture. Est-ce volontaire de votre part ?
Hendrik : Je n’ai pas du tout pensé à Hitchcock en réalisant Fenster zum Sommer. Cela n’a pas eu d’influence sur mon film si ce n’est l’intemporalité des histoires.

Avez-vous beaucoup changé le livre pour l’adapter ?
Hendrik : Dans le livre, l’histoire se passe dans les années 60. Seules les questions principales sont ressorties dans mon film. Il a bien fallu adapter certains aspects. Dans le roman et dans le film, Juliane quitte son travail mais dans le livre, elle est obligée de s’y rendre de nouveau pour pouvoir utiliser le téléphone, car il n’y a pas encore de téléphone portable. Les personnages ont changé également. Celui de Philipp par exemple. Dans le livre, Juliane était accueillie chez sa méchante tante.

Vous avez filmé la Finlande comme un paradis. Existe-t-il également un tel endroit utopique dans le roman ?
Hendrik : La Finlande est une touche personnelle. J’y ai habité pendant mon enfance. Je comprenais la langue avant. Ce rêve de l’étranger, je l’ai trouvé dans la langue qui m’était proche mais que je ne parle plus. Je me sentais chez moi là-bas. La musique vient d’un compositeur finnois. C’était assez inhabituel car nous avons d’abord travaillé sur la musique avant de tourner le film. Je voulais avoir le « son » de la Finlande.

Pourquoi le destin du personnage d’Emily ne peut-il changer ?
Hendrik : C’était nécessaire pour l’histoire. Mais même moi, à chaque fois que je revois le film, cela me choque.

Votre film me fait penser au travail de Chris Marker, La Jetée, grâce aux longs plans sur la terrasse, le jeu sur la mémoire…
Hendrik : C’est un grand compliment pour moi ! La première image de La Jetée est une des plus belles selon moi. Si mon film vous a fait ressentir les mêmes sentiments que vous avez eus pour La Jetée, alors j’ai atteint mon objectif, je peux rentrer chez moi en souriant.

Le film donne l’impression qu’on ne peut pas changer son destin, que le futur se produit quoiqu’il arrive. Qu’en pensez-vous ?
Hendrik : Je ne suis pas un déterministe. Je pense que beaucoup de choses dans la vie peuvent être changées, hormis les grandes choses comme l’amour et la mort.

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