Rencontre avec Jan Ole Gerster

 Jan Ole Gerster était au Katorza dans le cadre d’Univerciné Allemand 2013 pour présenter son premier film, Oh Boy ; retour sur cette rencontre :

Jan-Ole-Gerster-pour-Oh-BoyOn a beaucoup parlé de Oh Boy récemment. Quel est le compliment que tu apprécies le plus au sujet du film ?
Jan Ole : Un journaliste britannique m’a dit que ce film avait beaucoup d’humour, bien qu’il vienne d’Allemagne.

Pourquoi avoir tourné ce film en noir et blanc ?
Jan Ole : Une fois le scénario écrit, j’ai pris des photos dans différents endroits et je trouvais que le noir et blanc donnait une certaine intemporalité et une distance aux choses. On me pose à 90% cette question en premier. Lorsqu’il s’agit de photographies, on ne s’en étonne pas. Comme le film est devenu beaucoup plus commercial, il ets moins vu comme de l’art, et le noir et blanc semble toujours étonner.

Pourquoi avoir choisi Tom Schilling comme personnage principal ?
Jan Ole : Cela fait onze ans que nous nous connaissons et nous sommes de bons amis. Tom est la première personne à avoir lu le scénario. Je n’ai pas tout de suite pensé à lui pour interpréter le rôle, Tom me paraissait trop jeune par rapport au personnage. Le temps que je demande des subventions pour réaliser le film, Tom a vieilli. Il était prêt. Il s’est proposé tout de suite.

Au début du film, on reproche à Niko d’être petit mais il ne mange rien et est toujours à la recherche d’un café. Est-ce fait exprès ? Y a-t-il une signification particulière ?
Jan Ole : Tom est toujours touché par les blagues sur sa taille. Quand il est sur scène, ça se voit qu’il est petit. Mais sa taille m’est égale. Le café est une métaphore du réveil et un but à accomplir pour commencer une journée. Le personnage est passif, mais c’était important pour moi qu’il ait quand même un but dans la journée, même s’il paraît insignifiant. Ce n’est normalement pas difficile de trouver du café tout au long d’une journée. Encore que !
Et peut-être est-ce vrai qu’il est petit parce qu’il ne mange pas assez !

Y a-t-il une part autobiographique dans la construction du personnage ?
Jan Ole : Oui, je vivais à Berlin à l’approche de la trentaine et je me posais les mêmes questions. Savoir prendre des décisions, remettre tout en question, choisir quel chemin suivre… Il y a à Berlin beaucoup de gens dans cette situation de questionnement et j’espère que certains pourront s’identifier.

L’ambiance jazz m’a fait penser aux années 30. Est-ce pour donner un côté intemporel ou un style particulier ?
Jan Ole : J’avais d‘autres musiques en tête et puis le jazz s’est imposé. Berlin est souvent associé à la musique électro. Avec le jazz je voulais créer une autre atmosphère, avec une distance. Le jazz apporte également une touche d’ironie et de nostalgie au film. C’est un genre plus ancien mais toutes les musiques ont été réarrangées pour le film, ce qui lui donne une ambiance moderne. C’est ce qu’il me plaît, je travaille intuitivement.

Avez-vous déjà d’autres projets ?
Jan Ole : Oui j’ai déjà quelques idées de scénario pour 2013. Pour faire un film, cela nécessite beaucoup de travail en amont. Il faut définir un projet, respecter chaque étape de la réalisation et se reposer car cela demande énormément d’énergie et de temps.

 

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