Rencontre avec Pia Strietmann

Dimanche 13 et lundi 14 novembre était projeté Tage die bleiben/Une famille de trois, le premier film de Pia Strietmann. La réalisatrice livre ici une histoire très personnelle sur les liens familiaux. Le long-métrage évoque de manière subtile, et sans jamais tomber
dans le tragique, la relation à la mort et les réactions contradictoires qu’elle peut provoquer chez les membres d’une même famille. À la fin de la séance, Pia Strietmann a répondu aux questions des spectateurs.

pia-strietmann Comment en êtes-vous venu à l’idée de faire ce film ?
Le thème du film est très personnel. J’ai perdu mon père il y a huit ans, et c’est avec cet événement que j’ai pris conscience de la difficulté de cette période entre le décès et l’enterrement. Je ne voulais pas seulement montrer l’aspect dramatique de cet événement, mais aussi intégrer cette absurdité qu’il y a parfois dans ces moments-là.

Quel est le rôle de la météo dans le film ?
La tempête annoncée au début du film n’est en effet pas anodine. Mais le changement de climat vient en fait de l’intérieur des personnages. Le temps est sec dans un premier temps, celui du refus et de la colère. La pluie a quant à elle un rôle purificateur. On s’attend à ce que les sentiments changent quand l’orage arrive, mais c’est par la suite qu’ils évoluent. Dans le film, la météo est presque un personnage à part entière.

Quelle place occupe la littérature dans votre film ?
J’ai choisi Rainer M. Rilke car il a consacré beaucoup de textes à la mort. Quant au roman de Virginia Woolf, Une chambre à soi, il apparaît dans l’histoire pour créer un parallèle entre l’héroïne du livre, qui n’a pas de pièce à soi pour travailler à son roman, et le personnage de la mère dans le film, également écrivain, qui écrit dans la cuisine de la maison familiale. C’est l’émancipation de la mère que je voulais symboliser ici. On peut se demander si cette femme ne cherche pas ainsi à quitter sa famille, à changer de vie.

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