Une histoire de pont/Zum Thema Brücken(tag)

écrit par Justine Roussie

En France, le mois de mai fait office d’entraînement  aux grandes vacances. Les nombreux jours fériés essaimés tout au long du mois sont propices à une remise en jambe progressive pour retrouver ses habitudes de vacancier chevronné. Au tableau des exercices imposés figurent la recherche des lunettes de soleil et autres habits d’été, l’allumage du premier barbecue ou Angrillen, le tartinage de crème solaire et aussi les embouteillages sur les routes menant aux plages et autres lieux de farniente.

Le 1er mai, l’Ascension, le 8 mai et le lundi de Pentecôte offraient cette année quatre belles séances d’entraînement aux Français.  Quatre jours qui leur permettaient de s’adonner à une activité sportive peu risquée : faire le pont. Pour nos amis germanophones,  il ne s’agit pas ici de génie civil ou de yoga mais du fait de chômer le jour qui se trouve entre un jour férié et le week-end, ce fameux Brückentag. L’Ascension tombant cette année un jeudi, de nombreux Français ont posé leur vendredi pour avoir un week-end de quatre jours.

Malheureusement, c’était bien la seule occasion de faire le pont en ce mois de mai. En effet, le 1er et le 8 mai sont tous les deux tombés un dimanche. Et le lundi de Pentecôte est resté sans grande surprise fidèle à son nom.

Mais, de l’autre côté du Rhin, ou plutôt de la Moselle, nos amis sarrois ont eu*x étaient un peu plus chanceux… En effet, le jeudi 26 mai était un Feiertag et donc le vendredi 27 un Brückentag. Pourquoi donc ? Parce qu’ils  fêtaient le Fronleichnam. Pour ceux qui ne le savait pas, comme moi, il s’agit d’une fête catholique, la Fête-Dieu ou Saint-Sacrement, célébrant l’Eucharistie et qui a lieu soixante jours après Pâques. Elle est aussi fêtée dans le Baden-Wurtemberg, en Bavière, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dans la Hesse, en Rhénanie-Palatinat et dans certaines villes de Saxe et de Thuringe.

Vous constaterez ici une certaine discrimination géographique concernant le nombre de jours fériés en Allemagne. A chaque Bundesland ses jours fériés ! Habituée à ne pas travailler à la Toussaint, je fus presque désespérée, lors de mon année Erasmus à Berlin, de devoir aller à l’université un 1er novembre. Et ce fut encore plus dur d’y aller un 14 juillet !

Mais une camarade de master allemande connu cette année le même désespoir.  Elle s’attendait à pouvoir célébrer le Vendredi saint comme dans sa région d’origine, le Bade-Wurtemberg.  Cependant le Karfreitag n’est pas un jour férié en France, enfin il ne l’est pas dans toute la France… L’Alsace et la Moselle célèbrent par exemple le Vendredi saint. Et ça tombe bien, puisque nous étudions principalement à Metz ! Mais c’était sans compter sur le fait que ce jour-là, le 25 mars 2016 donc, nous avions cours à l’Université du Luxembourg… où le Vendredi saint n’est pas férié !

Un conseil alors, avant de faire le pont, vérifiez bien qu’il y a un Brückentag là où vous habitez, que ce soit en France, en Allemagne, ou chez nos chers voisins européens.

 

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