L’allemand convivial

Apprenez l’allemand de façon conviviale et détendue, grâce à nos évènements mensuels et à notre rubrique du « Mot de la semaine » !

 


Le calendrier de l’Avent

Bonjour à toutes et à tous, nous revoilà pour une nouvelle édition de notre calendrier de l’Avent spécial CCFA ! Au programme cette année : recette, tradition, chant, vocabulaire… et tout ça en rapport avec Noël en Allemagne.

Chaque jour à partir de 11h, venez donc en apprendre plus en ouvrant la case de la journée !

(Attention les cases seront bloquées avant le jour même à 11h, impossible de tricher)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le 3 octobre, on fête le jour de la réunification de l’Allemagne ! Pour cela, on a fait une série de postes sur les réseaux, permettant d’entendre différentes voix de toutes les générations s’exprimer sur le sujet. Ainsi, nous avons pensé à trois questions autour de cet événement sur lesquels nous aimerions avoir votre avis.

– Qu’est ce que signifie cette journée pour vous ?

– Avez-vous un témoignage, une expérience Est-Ouest ?

– Est-ce que vous ou votre association/école avait quelque chose de prévu pour célébrer cette journée

 


Le mur de Berlin!!!
Je suis né quasiment en même temps que le Rideau de fer. Cette expression, inventée par Winston Churchill, fut d’abord une simple image. Les fragiles démocraties qui avaient été installées dans les pays frontaliers de l’URSS à la fin de la Seconde Guerre mondiale furent balayées les unes après les autres par les partis communistes locaux avec l’appui très peu discret de Moscou. Bientôt les habitants des pays de l’Est eurent en règle générale l’interdiction de se rendre en Occident.
Ils le pouvaient en entreprenant des démarches administratives complexes et pas toujours couronnées de succès. Bien souvent ces pouvoirs policiers emprisonnèrent ceux qu’ils qualifiaient de dissidents parce qu’ils avaient l’outrecuidance de vouloir critiquer ou quitter le « Paradis socialiste ». Les tentatives de fuite
continuèrent et bientôt les pays du bloc communiste transformèrent l’image en réalité physique. Le rideau de fer devint une barrière tellement énorme qu’elle était visible de l’espace comme la grande muraille de Chine.
Lorsqu’au printemps 1966 mon père organisa un voyage en Allemagne de l’Ouest pour les animateurs des foyers ruraux d’Anjou, j’étais censé connaître suffisamment la langue de Goethe pour aider le groupe et je fis donc le voyage.
La correspondante allemande du groupe, Marie Paule Hundsdorfer nous fit visiter le rideau de fer du côté de Fulda. Dans cette froide matinée de mars, la tristesse de ce paysage glacé, de cette prison à
ciel ouvert nous étreignit et jeta un trouble sur le reste du voyage. Comment pouvait-on concevoir d’enfermer les gens de la sorte ? Evidemment cette visite n’était pas que la simple satisfaction d’une curiosité innocente de la part de mon père mais la réalité de cet enfermement était palpable…

Un chemin de fer interrompu : la voie comme suspendue sur quelques mètres au-dessus du vide pointant ses deux rails sans traverses comme deux moignons rouillés qui accusent la cruauté des hommes. Au loin les silhouettes grisâtres des Vopos veillent sur les kilomètres de barbelés. Ils nous ont vus. Ils nous surveillent du haut de leurs miradors. Un autocar de touristes occidentaux qui vont en pèlerinage contempler le rideau de fer, c’est leur pain quotidien. Leur véritable souci est de l’autre côté. Il s’agit par tous les moyens d’empêcher les Allemands de l’Est de quitter cette patrie du socialisme réel.
C’était ma première visite au rideau de fer ; mais il y avait déjà cinq ans que le monde entier parlait aussi du mur de Berlin qui en était l’avatar encerclant les zones d’occupations occidentales de l’ancienne capitale allemande. Depuis 1945, les berlinois étaient théoriquement libres de circuler dans les quatre zones d’occupation qui divisaient Berlin. Certains des berlinois de l’Est en profitaient pour rejoindre la République fédérale d’Allemagne via les corridors ouverts à travers la zone d’occupation soviétique.
Durant l’année 1961, les conditions de passage entre la zone d’occupation russe et les trois zones occidentales de Berlin se sont progressivement durcies pour ceux de l’Est. Devant l’exode de plus en plus massif, les autorités de Pankow ont réagi, les véhicules sont fouillés, certaines tentatives désespérées finissent dans le sang.
Nous suivons tout cela à la radio avec une certaine angoisse. Bientôt les simples rouleaux de barbelés cèdent la place à un mur avec des miradors. Les fenêtres des immeubles donnant sur l’Ouest sont murées. Un large « no man’s land » miné double le mur à l’intérieur de la RDA et de la zone d’occupation russe. Khrouchtchev qui régnait alors en maître sur l’empire soviétique menait une politique offensive. Il envoya même des bateaux chargés de missiles intercontinentaux à Cuba, occasionnant une très grave crise qui nous fit entrevoir l’imminence d’une guerre nucléaire.

Kennedy, en 1963, avait beau proclamer à Berlin Ouest « Ich bin ein Berliner !» le mur restait en place. Il semblait construit pour durer. Les reportages et les témoignages sur la vie dans les pays de l’Est
montraient à l’envi la dureté de cette prison. Bien entendu, Radio Luxembourg, dont la ligne éditoriale était clairement à droite, ne manquait pas d’insister sur la privation de liberté alors que le parti communiste français, par la voix de Georges Marchais, parlera jusque dans les années quatre-vingt du bilan globalement positif du
système soviétique.
En 1967, mon père, qui avait été élu à la présidence de l’association des parents d’élèves de l’école de musique d’Angers fit partie d’un échange avec la ville de Karlovy Vary alors en Tchécoslovaquie. Il s’agissait cette fois d’aller voir de l’autre côté du rideau de fer. Il parla un peu de son voyage en évoquant des gens cordiaux et
intéressés par ce qui se passait à l’Ouest. Bien évidemment cette visite était surveillée par un commissaire politique, ce qui ne déliait pas les langues. Mon père ramena des bibelots et des disques qui étaient là-bas très peu coûteux pour peu que l’on dispose de devises occidentales. Comme beaucoup d’objets fabriqués à l’Est, ils
exhalaient une odeur très particulière de similicuir ou de carton bouilli.
Le voyage des musiciens tchèques en France fut assez douloureux. Ils exprimèrent assez ouvertement leur jalousie devant tant d’abondance inaccessible.
Lorsqu’en 1968, le communiste réformateur Dubcek fut porté au pouvoir à Prague, l’espoir immense de voir enfin craquer le rideau de fer dura quelques mois, c'est-à-dire jusqu’à l’intervention des
blindés du pacte de Varsovie dans Prague. Je fis une seconde visite à la frontière interallemande en décembre
1977. Urte Sager qui avait passé une année à la chorale universitaire à Nantes nous invita chez elle à Göttingen où elle finissait ses études. Sur le chemin d’une excursion en voiture nous longeâmes la frontière interallemande un bon moment. Dans la lumière blafarde d’un soir de décembre elle semblait toujours glacée et inamovible.
La naissance du syndicat polonais Solidarnosc en 1981 trouva des prolongements dans la plupart des villes de France. Les groupes d’émigrés polonais organisèrent des collectes pour soutenir leurs compatriotes restés au pays. Jaruzelski, sous la pression des soviétiques, mit fin à tout cela dès le mois de décembre 1981. La
prison restait fermée. Au cours de l’été 1989 des signes de libéralisation agitèrent la Hongrie, puis la Tchécoslovaquie. Des circuits de moins en moins secrets permettaient à des habitants d’Allemagne de l’Est de partir en vacances dans des « pays-frères », comme on disait à l’époque, et de passer ensuite à l’Ouest presque légalement. De façon tout à fait surprenante, au lieu de se refermer une fois de plus, la prison s’ouvrit brutalement à l’automne 1989. Les Vopos cessèrent de tirer sur ceux qui approchaient et en quelques heures le
mur tomba. Ce fut pour moi comme le déchirement des nuages qui montre le ciel d’un coup. Ce mur de Berlin dont j’avais vécu l’édification dans mon enfance venait de disparaître comme par enchantement. On sait malheureusement que le discrédit jeté sur le monde soviétique par la catastrophe de Tchernobyl et le retrait d’Afghanistan sont pour beaucoup dans cet écroulement ; mais ce qui reste de cet instant c’est une sorte d’allégresse difficile à mesurer. Une émotion très grande : la liberté d’aller et de venir était enfin à la portée de presque tous les Européens.
Plus de vingt ans après, nous avons très difficilement trouvé destraces du mur dans la ville de Berlin où nous nous sommes rendus. Urte, qui y a vécu avant et après la chute du mur sait parfaitement dire où il était ; mais, pour nous, il est quasiment impossible de percevoir cette frontière désormais détruite. Effacer avec autant d’énergie les traces des souffrances a quelque chose d’étrange. Il faut sans doute y voir la volonté de réunifier au plus vite l’Allemagne.
Paradoxalement, ce grand souffle d’espoir né de la chute du mur n’a pas apporté tout ce que nous espérions. La fin du bloc communiste a donné des ailes au capitalisme. Il a été délivré du souci de partager
les fruits de la croissance entre tous. Durant les trente années précédentes, pour ne pas précipiter les
travailleurs dans les bras du socialisme, le patronat et les gouvernements successifs avaient fait en sorte que le niveau vie des salariés augmente rapidement.
On voit tous les jours que le libéralisme triomphant n’a apporté le bonheur qu’à ceux qui étaient déjà riches et libres et qui le sont encore plus maintenant.


Ich bin 1997, einige Jahre nach der Wende, geboren – im tiefsten ländlichen Südwesten Deutschlands. In meiner Familie kamen alle aus „dem Westen“, also habe ich mich mit dem Thema DDR eigentlich erst in der Schule näher beschäftigt. Für ein Geschichtsreferat in der 7. oder 8. Klasse führte ich damals ein Zeitzeugeninterview mit meinem Nachbarn, der als Jugendlicher in der Widerstandsbewegung und den Montagsdemonstrationen in Leipzig aktiv war. Ich weiß noch, dass mich seine Erzählungen damals sehr beeindruckten. Später entschied ich mich dann dafür, selbst zum studieren nach Leipzig zu ziehen. Wenn ich Leuten von meinen Plänen erzählte, kamen einerseits Kommentare wie „Oh Leipzig, eine schöne Stadt!“ aber andererseits auch „Was willst du denn im Osten?“ oder „Hoffentlich sprichst du dann nicht sächsisch, wenn du wiederkommst.“ Gewisse Vorurteile gibt es also auch heute noch. Bereut habe ich meine Entscheidung nie, aber sächsisch spreche ich (leider) bis heute nicht.

 

– Qu’est ce que signifie cette journée pour vous ?
Da meine ganze Familie aus der Nähe von Leipzig kommt, hat dieser Tag eine ganz besondere Bedeutung für mich. Ich selbst habe nur die ersten fünf Jahre meines Lebens in einem kleinen Dorf im Erzgebirge verbracht, aber meine Wurzel sind dort noch immer tief verankert. Aufgewachsen in Köln, habe ich regelmäßig meine Sommer bei meiner Großmutter verbracht, die noch immer im Osten Deutschlands lebt und häufig hat sie mir von der Zeit vor dem Mauerfall erzählt und auch meine Eltern sprechen heute noch häufig mit mir über ihre Jugend in der DDR und wie sie den Ortswechseln nach der Wende erlebt haben.
– Avez-vous un témoignage, une expérience Est-Ouest ?
Als ich in die erste Klasse kam, sprach ich noch mit einem starken ostdeutschen Dialekt, da ich erst seit wenigen Monaten mit meiner Familie in der Nähe von Köln lebte. Mein Mathelehrer brachte eines Tages also einen Zollstock mit und fragte uns, wie dieser Gegenstand heiße. Aufgewachsen in einem Haushalt, in dem ausschließlich erzgebirgisch gesprochen wurde, war mir nur der erzgebirgische Begriff für Zollstock, « Schmieche »,  bekannt. Ich meldete mich also als einzige Schülerin und verkündete voller Stolz, dass es sich bei dem mitgebrachten Gegenstand um eine Schmieche handle. Mein Mathelehrer schaute mich nur verdutzt an und meine Eltern fanden diese Geschichte besonders amüsant, als ich ihnen am Abend davon erzählte.

 

9./10./11. November 1989: ich saß ungläubig vor meinem Fernseher, das war das Spannendste, was ein Deutschlehrer erleben konnte! Es folgten mindestens zwei fantastische Schuljahre, Deutsch war plötzlich hochaktuell geworden, Motivation der Schüler immens…
Zwei Wochen nach Mauerfall: improvisiertes “verrücktes” Wochenende in Berlin mit Kollegen. Unglaubliche Stimmung an der Mauer und überall in Berlin…
1990, kurz vor dem ersten Tag der deutschen Einheit:Begleitung einer Schülerreise nach Berlin. Zitat von Ostberlinern: “die
große Euphorie ist vorbei, wir sind verunsichert”.
1997 eine Woche lang in Berlin mit meinen Schülern, die Ostberliner interviewen konnten, die ich 1990 kennengelernt hatte: Zeit der Vorurteile (“Besserwessis”, “faule Ossis”), aber auch der großen Hoffnungen.
Von 2003 bis 2013 jedes Jahr Schülerreise nach Berlin. Zur Tradition gehörte u. a. ein Jogging zum Teil auf den Spuren der Mauer von Kreuzberg zum Brandenburger Tor…

 

Lorsque j’étais au lycée dans les années 80, mes professeurs d’allemand m’avaient dit qu’une réunification serait très improbable après 40 ans de séparation entre la RFA et la RDA. L’histoire a montré que beaucoup de choses inattendues peuvent arriver. Heureusement, le rideau de fer est tombé, même si des inégalités subsistent entre l’Est et l’Ouest.Mais maintenant, il y a un nouveau rideau de fer, je pense, entre les pays de l’UE et les pays tiers. Combien de temps va-t-il tenir?

 

Si vous souhaitez participer aussi, envoyez nous un petit texte en français ou en allemand par mail à ccfa.service.civique@gmail.com, avec votre nom, votre âge et les réponses à nos questions, et nous le publierons sur Facebook, Instagram ainsi que sur le site internet du CCFA autour du 3 octobre !


Stammtisch franco-allemand

Vous êtes intéressé.e.s par la langue et la culture allemandes, mais il vous semble impossible d’améliorer vos connaissances en allemand en dehors d’un cadre scolaire tout en vous amusant en même temps ?

Nous avons la solution !

Notre concept du Stammtisch : c’est la rencontre amicale entre Français et Allemands qui veulent parler l’allemand et échanger autour d’un verre. N’hésitez plus …Venez nous rejoindre une fois par mois et prenez un verre ou deux avec nous dans une ambiance détendue et conviviale !

Les prochains Stammtisch :

  • 25 novembre 2021
  • 16 décembre 2021

Speakdating franco-allemand

Participez à un dynamique « tête-à-tête » linguistique !
L’échange portera sur des thèmes prévus par les animateurs ou bien suggérés par les participant.e.s. L’allemand gratuit et pour tous les niveaux, c’est possible !


Das Wort der Woche : le mot de la semaine

Dans cette rubrique, l’équipe du CCFA vous présente des mots allemands plus ou moins intraduisibles, qui nous sont chers ou bien qui nous plaisent ! Vous avez peut-être découvert nos « Mots de la semaine » sur notre compte Instagram : maintenant vous pouvez tous les retrouver ici !